Vermifuge naturel et pleine lune
Comprendre les parasites, soutenir le terrain et retrouver de l’élan

Il existe des fatigues qui ne se résolvent ni avec le repos, ni avec un simple ajustement alimentaire. Une lassitude diffuse, un ventre capricieux, un transit irrégulier, parfois une nervosité ou un sommeil moins réparateur.

En herboristerie, on revient souvent à une question centrale : dans quel état est notre terrain intestinal ? C’est là que s’opèrent l’assimilation, une grande part de la vitalité, et ce lien intime entre digestion et équilibre nerveux.

Parfois, un parasitisme intestinal peut s’installer de façon discrète mais persistante. Les plantes ne cherchent pas à lutter violemment, mais à rendre le terrain moins accueillant, à accompagner l’élimination et à permettre au corps de retrouver une dynamique plus claire.

Cet article propose une approche pédagogique, traditionnelle et prudente autour de la cure vermifuge naturelle, et plus particulièrement de la synergie d’alcoolature Verm’ de Lune, utilisée de façon rythmée autour de la pleine lune.

Ces conseils relèvent de l’herboristerie traditionnelle et ne se substituent pas à un avis médical ou vétérinaire.


Parasites intestinaux : de quoi parle-t-on concrètement ?

Les grandes familles de parasites intestinaux
On distingue principalement deux grands types de parasites intestinaux chez l’humain.

Les helminthes, c’est-à-dire les vers intestinaux (oxyures, ascaris, tænia), sont les plus concernés par les approches traditionnelles de vermifugation végétale.
Les protozoaires (comme Giardia) relèvent le plus souvent d’une prise en charge médicale spécifique.

Les parasites les plus fréquents
Les oxyures sont très répandus, en particulier chez l’enfant. Leur transmission est facile (mains, ongles, linge), et les démangeaisons anales nocturnes sont un signe souvent rapporté.

Les ascaris sont des vers plus volumineux, dont les œufs peuvent être ingérés via des aliments ou de l’eau contaminés. Leur cycle est plus long et plus exigeant pour l’organisme.

Les tænias, appelés vers solitaires, sont liés à la consommation de viande insuffisamment cuite et peuvent provoquer un inconfort digestif durable.

Transmission et réinfestation
Les parasites intestinaux se transmettent facilement par :

  • les mains et les ongles,

  • les objets et textiles,

  • les aliments mal lavés ou mal cuits,

  • la vie en collectivité,

  • la présence d’animaux au sein du foyer.

Une cure n’est réellement efficace que si l’on tient compte de cet environnement global.


Quels signes peuvent évoquer un parasitisme intestinal ?

Il n’existe pas de tableau unique, mais certains signaux reviennent fréquemment :

  • fatigue persistante,

  • troubles du transit,

  • ballonnements ou douleurs abdominales diffuses,

  • démangeaisons anales, surtout nocturnes,

  • nervosité ou sommeil agité.

Ces signes ne permettent pas de poser un diagnostic, mais peuvent inviter à s’interroger et, si besoin, à demander un avis professionnel.


Pourquoi la pleine lune est-elle utilisée comme repère ?

D’un point de vue strictement scientifique, il n’existe aujourd’hui aucune preuve formelle établissant un lien direct entre la pleine lune et l’efficacité d’une cure vermifuge. Il est important de le dire clairement.

Cependant, dans les traditions herboristes, paysannes et populaires, la pleine lune est depuis longtemps considérée comme un temps de circulation accrue : circulation des fluides, agitation biologique, rythmes plus intenses, tant chez les végétaux que chez les animaux et les humains.

Plusieurs hypothèses, non confirmées scientifiquement mais régulièrement évoquées dans les traditions, peuvent expliquer cet usage :

  • une mobilisation accrue des fluides corporels, rendant les processus d’élimination plus actifs ;

  • une période où certains parasites pourraient être plus “actifs” ou plus exposés ;

  • l’idée, par analogie avec de nombreux mammifères, que certains vers parasites pourraient être sensibles aux cycles lunaires, notamment dans leurs phases de reproduction ou de ponte.

Ces hypothèses relèvent davantage de l’observation empirique et de la transmission orale que de la recherche expérimentale. Elles ne constituent pas une certitude, mais un cadre symbolique et pratique.

Utiliser la pleine lune comme repère permet surtout :

  • d’inscrire la cure dans un rythme clair et limité dans le temps,

  • d’éviter les prises prolongées de plantes puissantes,

  • de favoriser la régularité et l’adhésion au protocole.

La fenêtre traditionnellement retenue est celle de sept jours :
trois jours avant la pleine lune, le jour même, et trois jours après.


Calendrier des pleines lunes 2026 et fenêtre de cure



Verm’ de Lune : comprendre la synergie herboriste

Composition de la synergie
Miel, alcool, eau, extraits de :

  • Artemisia vulgaris – armoise vulgaire

  • Artemisia absinthium – absinthe

  • Tanacetum vulgare – tanaisie

  • Rosmarinus officinalis – romarin officinal

  • Allium sativum – ail

  • Allium ursinum – ail des ours

  • Juglans regia – bourgeons de noyer

Lecture herboriste de l’ensemble
Cette synergie associe :

  • des plantes amères qui remettent du mouvement,

  • des plantes aromatiques qui assainissent,

  • des plantes digestives et hépatiques qui soutiennent l’élimination.

Le miel adoucit la prise et équilibre l’énergie parfois exigeante des plantes vermifuges.


Les plantes de Verm’ de Lune, une à une

Armoise vulgaire
Plante du passage et du rythme, elle accompagne les transitions et prépare le terrain digestif.

Absinthe
Plante amère puissante, traditionnellement associée aux cures vermifuges, utilisée en cure courte et précisément dosée.

Tanaisie
Plante historique des campagnes, reconnue pour son usage vermifuge traditionnel, à manier avec discernement.

Bourgeons de noyer

classiquement reconnu en gemmothérapie pour son action sur :

  • la nervosité et l’hypersensibilité,

  • les troubles digestifs à retentissement émotionnel,

  • l’axe intestin–système nerveux.

    Mais son rôle dans une synergie vermifuge ne se limite pas à l’apaisement.

    En gemmothérapie, le figuier est également décrit comme un régulateur du terrain intestinal :

    • il accompagne l’équilibre de la flore,

    • soutient la qualité des muqueuses digestives,

    • aide l’intestin à rester réceptif pendant une phase d’assainissement.

    Dans Verm’ de Lune, cette gemmothérapie de figuier joue un rôle clé d’harmonisation.
    Face aux plantes amères et aromatiques, qui mobilisent et stimulent fortement, le figuier vient tempérer, réguler et préserver l’équilibre nerveux et digestif.

    Il permet ainsi que la cure se fasse sans crispation excessive, en soutenant à la fois le ventre et le système nerveux, souvent étroitement liés.

Ail et ail des ours
Plantes assainissantes et vitalisantes, soutenant l’équilibre global du terrain.

Romarin
Plante du foie et de l’élimination, elle accompagne la cure sans épuiser l’organisme.


Comment pratiquer la cure Verm’ de Lune

La pratique d’une cure vermifuge à base de plantes demande toujours discernement, adaptation et écoute du terrain. Les posologies proposées ici relèvent de l’herboristerie traditionnelle et doivent être ajustées en fonction de l’âge, de la morphologie, de la sensibilité digestive et nerveuse, ainsi que du contexte global.


Chez l’adulte

Chez l’adulte, la cure Verm’ de Lune est pensée comme une cure courte mais soutenue, centrée sur la fenêtre de la pleine lune.

Selon l’intensité supposée de l’infestation et le terrain, la posologie peut varier de :

5 à 15 gouttes, trois fois par jour

La prise se fait de préférence :
sous la langue,
– en laissant agir quelques instants avant d’avaler.

Si le goût est jugé trop intense — ce qui est fréquent avec les plantes amères et aromatiques — les gouttes peuvent être diluées dans un très petit volume d’eau. Le goût marqué fait partie intégrante de l’action herboriste, mais il ne doit pas devenir un obstacle à la régularité de la prise.

Cette posologie est maintenue pendant les 7 jours de la fenêtre lunaire (trois jours avant la pleine lune, le jour même, et trois jours après).

Après cette période, il est recommandé de faire une pause.
Si nécessaire, la cure peut être renouvelée le cycle lunaire suivant, plutôt que prolongée de façon continue. Cette approche par séquences permet de soutenir l’efficacité tout en respectant les capacités d’adaptation du corps.


Chez l’enfant

Chez l’enfant, la prudence est essentielle, notamment en raison :
– de la présence d’alcool,
– de la puissance gustative de la synergie.

La posologie ne dépassera pas :

5 gouttes, deux fois par jour,
toujours bien diluées dans de l’eau.

Le goût pouvant être difficile à accepter, la dilution est ici indispensable.
Chez le jeune enfant, ou en cas de doute, il est préférable de demander l’avis d’un professionnel de santé avant toute prise.


Chez le chien

Les chiens peuvent être concernés par des problématiques parasitaires, et jouer un rôle dans la circulation des parasites au sein de l’environnement familial.

Dans une approche d’herboristerie animale, et sous la responsabilité du gardien de l’animal, la posologie est traditionnellement adaptée au poids :

environ 1 goutte par kilo de poids corporel, par jour,
– sur une durée courte, idéalement limitée à la fenêtre de la pleine lune.

Les gouttes seront toujours diluées dans un peu d’eau ou mélangées à l’alimentation.

Un avis vétérinaire est vivement recommandé, notamment chez les animaux sensibles, âgés, ou présentant des troubles chroniques.


Chez le chat

Chez le chat, l’utilisation de préparations alcoolisées est généralement peu adaptée.
De plus, certaines plantes aromatiques peuvent être mal tolérées par cette espèce.

Il est donc préférable de ne pas utiliser Verm’ de Lune chez le chat sans l’avis préalable d’un vétérinaire, et d’opter pour des solutions spécifiquement adaptées à son métabolisme.


Autres soutiens traditionnels du terrain intestinal

Une cure vermifuge naturelle ne se limite pas à un seul produit, aussi bien formulé soit-il. Dans la tradition herboriste, on parle plutôt de stratégie de terrain, qui peut associer plusieurs leviers, selon la sensibilité, l’âge, le contexte et l’historique de la personne.

Certaines plantes ou aliments sont ainsi régulièrement cités comme compléments intéressants, soit en amont, soit en parallèle, soit en alternance avec une cure comme Verm’ de Lune.


Le brou de noix : un grand classique de l’assainissement intestinal

Le brou de noix, issu de l’enveloppe verte du fruit du noyer, est traditionnellement utilisé pour son action assainissante et astringente. Riche en tannins et en composés amers, il est souvent mentionné dans les approches naturelles visant à :

  • assainir le milieu intestinal,

  • soutenir des muqueuses plus “tenues”,

  • accompagner des terrains sujets aux déséquilibres récurrents.

Il peut être envisagé :

  • soit en amont d’une cure,

  • soit en alternance avec une autre synergie,

  • soit chez des personnes ne tolérant pas certaines plantes aromatiques plus puissantes.

Comme toute préparation concentrée, il demande discernement et dosage adapté.


Les graines de courge : une approche douce et alimentaire

Les graines de courge font partie des remèdes populaires les plus anciens contre les parasites intestinaux. Elles sont traditionnellement utilisées :

  • entières, crues et bien mâchées,

  • parfois associées à du miel,

  • sur plusieurs jours consécutifs.

Elles contiennent des composés (dont la cucurbitine) évoqués dans la littérature traditionnelle comme pouvant contribuer à gêner l’adhérence des parasites à la paroi intestinale, favorisant ainsi leur élimination.

Cette approche présente plusieurs intérêts :

  • elle est douce,

  • adaptée aux terrains sensibles,

  • compatible avec une démarche alimentaire globale.

Elle peut tout à fait accompagner une cure vermifuge à base de plantes, ou être proposée comme première étape chez certaines personnes.


Associer sans surcharger

L’enjeu n’est pas d’accumuler les remèdes, mais de choisir avec justesse.
Dans certains cas, une seule cure bien menée suffit. Dans d’autres, une alternance ou une association progressive est plus pertinente.

C’est là que le regard herboriste prend tout son sens : observer le terrain, ajuster, laisser des temps de pause, et ne pas confondre “naturel” avec “anodin”.

 



Accompagner la cure : hygiène et terrain

Pour limiter les risques de réinfestation :

  • lavage régulier des mains,

  • ongles courts,

  • lavage soigneux des fruits et légumes,

  • changement fréquent du linge,

  • alimentation simple et digeste pendant la cure.


Contre-indications et précautions

Déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement.
Prudence chez les personnes sensibles aux plantes amères.
Ne pas prolonger la cure.
Consulter en cas de symptômes persistants ou importants.


Conclusion : rendre de l’espace au vivant

Vermifuger naturellement, ce n’est pas éradiquer à tout prix.
C’est rendre le terrain plus clair, redonner du mouvement, et laisser l’énergie revenir là où elle était mobilisée ailleurs.

Souvent, le bénéfice se manifeste simplement : un ventre plus calme, un sommeil plus profond, une vitalité plus stable.

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