Nous sommes herboristes, pas cosméticiens. Alors quand une gamme de soins est arrivée sur nos étagères, ce n'est pas un catalogue qui nous a convaincus, c'est une rencontre. Claire Laborde est chimiste. Responsable recherche et développement dans un laboratoire cosmétique en région lyonnaise, elle a créé sa propre gamme en 2013 pour formuler comme elle l'entendait. Des plantes françaises, des flacons rechargeables, et le refus de compter sur un logo pour qu'on lui fasse confiance. Depuis août 2025, A la Claire Fontaine est installée à Oloron-Sainte-Marie, à une demi-heure de nos comptoirs de Pau et d'Orthez. Nous pouvons l'appeler, lui poser nos questions, et vous répondre.

 

Une chimiste qui a voulu faire autrement

Le projet commence à germer en 2011. Claire Laborde est alors salariée de l'industrie cosmétique, responsable d'un service de recherche et développement dans un laboratoire spécialisé en cosmétique naturelle et bio, en région lyonnaise.

À cette époque, elle observe une bascule dans l'alimentation : les gens veulent savoir d'où vient ce qu'ils consomment. Elle y voit un changement de société plutôt qu'une mode. Et une question qui la travaille : quelle légitimité à vendre un soin qui se dit naturel quand ses plantes viennent des quatre coins du monde ?

Elle mène la réflexion avec son compagnon Éric, ingénieur, qui apporte le regard stratégique là où elle tient l'expertise produit. Il faudra deux années de développement pour que la gamme voie le jour, en octobre 2013.

Ce qu'elle nous a dit : « On aura pas eu le regret de ne pas l'avoir fait. »

Des plantes françaises, et rien d'autre

En creusant, elle découvre que la flore française suffit. Hydratation, protection, régénération, effet anti-âge : tout est disponible ici. Inutile d'aller chercher plus loin.

Les formules sont mises au point avec deux laboratoires partenaires français, l'un dans les Landes, l'autre près de Nantes. Elle leur soumet les actifs qu'elle a identifiés, ils lui proposent ce que leur sourcing permet, et chaque ingrédient retenu a une provenance connue.

Certains sont peu courants en cosmétique, comme l'huile de noyau de prune. D'autres sont d'une simplicité désarmante, comme le miel de fleurs français qui nourrit le soin hydratant Éclatante. Les parfums sont des compositions d'origine naturelle, et certains produits en sont dépourvus, à commencer par le démaquillant biphase.

98 % d'origine naturelle, et les 2 % restants

Pour écrire le mot « naturel » sur un flacon, il faut au minimum 95 % d'ingrédients d'origine naturelle. Claire Laborde a jugé ce seuil un peu bas et s'est placée à 98 % au minimum, en s'autorisant jusqu'à deux pour cent d'ingrédients de synthèse.

Ces 2 %, ce sont essentiellement des conservateurs. Et uniquement ceux qu'admettent les référentiels de la cosmétique certifiée bio. Les parabènes, le phénoxyéthanol et les dérivés chlorés ou fluorés sont bannis de la gamme.

Pourquoi pas cent pour cent ? Parce qu'un soin mal conservé se contamine sans prévenir. L'odeur et la texture ne changent que tardivement, quand la peau, elle, réagit déjà. Chaque formule passe des tests de tolérance cutanée et oculaire, puis la validation d'un expert toxicologue indépendant qui peut exiger une reformulation.

À retenir : les deux pour cent de synthèse sont des conservateurs, et seulement ceux autorisés en cosmétique bio.

Pourquoi il n'y a pas de logo bio sur le flacon

La question nous a occupés, parce que ces formules cocheraient sans peine les cases d'une certification. Le coût en est une raison : le moindre ajustement de formule oblige à refaire valider l'ensemble du dossier.

L'autre raison nous a convaincus. Un produit peut être certifié bio tout en étant composé majoritairement d'ingrédients venus du bout du monde. Sur ce point précis, les référentiels ne lui semblaient pas assez exigeants.

Le choix a donc été la transparence plutôt que le logo. Le pourcentage exact d'origine naturelle figure sur chaque flacon, et chaque actif est détaillé, avec sa qualité bio quand il l'a. Treize ans plus tard, elle constate que cela n'a jamais freiné personne, parce qu'elle a toujours pu expliquer le pourquoi du comment.

Le flacon reste, la recharge circule

En 2013, une gamme de soins entièrement rechargeable n'existait pas en France. Quelques marques proposaient des recharges de maquillage, une ou deux références par-ci par-là, jamais l'intégralité d'une gamme.

L'idée est venue d'un agacement simple : jeter un flacon parce qu'il est vide n'a aucun sens. Les clientes ont suivi immédiatement. Les premières ventes datent d'octobre 2013, les premières recharges de janvier 2014. Un flacon dure en moyenne trois mois, et il se garde.

Les recharges vides ne partent pas à la poubelle non plus : rapportez-les nous, la marque les collecte et assure elle-même leur recyclage.

Le flaconnage reste une réflexion ouverte. Les trois crèmes visage sont conditionnées dans un plastique issu de la canne à sucre. Le contour des yeux, le sérum et l'huile sèche sont en verre. Le verre est inerte et qualitatif, mais il casse, il pèse, et sa fabrication consomme. Chaque changement de contenant impose de refaire les dossiers réglementaires et les études de compatibilité, ce qui ne se décide pas en un claquement de doigts.

Le principe : on garde le flacon, on rachète la recharge, et on nous rapporte la recharge vide.

Ce que la marque soutient

Depuis ses débuts, A la Claire Fontaine travaille avec des ESAT, ces établissements qui emploient des personnes en situation de handicap. Pour de la production, du conditionnement, et notamment pour les étiquettes en braille que la marque peut apposer sur ses flacons à la demande des personnes malvoyantes.

La marque finance également des projets de reboisement en France et parraine des ruches. C'est un engagement que nous connaissons bien : nous avons nous-mêmes longtemps travaillé avec l'ESAT du Château Bellevue, voisin de nos anciennes cultures.

À une demi-heure de nos herboristeries

Claire Laborde a quitté la région lyonnaise en août 2025 pour s'installer à Oloron-Sainte-Marie. Un retour aux sources, puisqu'elle a de la famille béarnaise, et son nom le dit assez. D'autres projets pour la marque accompagnent ce déménagement, qu'elle n'aurait pas pu mener ailleurs.

Pour nous, cette proximité change tout. Nous connaissons la personne qui formule les soins que nous vous vendons. Nous pouvons l'appeler et lui poser une question précise. C'est exactement ce que nous cherchons avec chacun de nos partenaires, et c'est ce qui nous a décidés.

Retrouvez la gamme A la Claire Fontaine dans nos herboristeries de Pau et d'Orthez, ainsi que sur notre boutique en ligne.