Il est des producteurs qui ne se contentent pas de travailler les plantes : ils cheminent avec elles, de la graine jusqu'au flacon. Au cœur du Pays basque, Alma Sauvage cultive des plantes médicinales d'ici et d'ailleurs, sur une terre vivante où une large place est laissée au sauvage. Née des voyages d'Alex et Marjorie à la rencontre des traditions végétales du monde, leur ferme fait dialoguer l'Ayurveda, les savoirs andins et mapuches, le Curanderismo, la médecine chinoise et l'herboristerie européenne. Une approche sensible et exigeante, profondément reliée au vivant, dans laquelle M'Aimer Dans Les Orties reconnaît une manière familière d'honorer les plantes.
Un voyage botanique devenu vocation
Alma Sauvage est d'abord l'histoire d'un déplacement. Un déplacement géographique, mais aussi un changement de regard : apprendre à considérer les plantes non comme de simples matières premières, mais comme les habitantes d'un lieu et les dépositaires d'une mémoire.
Avant de s'installer au Pays basque, Alex Andrades et Marjorie Castel ont voyagé une année durant à la rencontre de cultivateurs, d'herboristes, de guérisseuses et de guérisseurs. De l'Inde aux peuples autochtones d'Amérique du Sud, du Chili à la Patagonie en passant par le Costa Rica, ils ont observé différentes façons de cultiver, de transformer et d'employer les plantes. Partout, un même fil : l'être humain ne peut prendre soin de lui durablement sans prendre soin de son environnement.
Leur ferme est née de cette intuition. Plutôt que d'importer des préparations venues de loin, ils ont choisi de faire pousser près d'eux certaines plantes de ces pharmacopées. Une façon de prolonger le voyage sans le reproduire mécaniquement : il fallait désormais écouter le climat basque, comprendre les sols et laisser chaque plante trouver sa juste place.
Le principe : faire pousser près de soi des plantes venues de loin, plutôt que d'importer des préparations lointaines.
Marjorie Castel, l'herboristerie comme héritage retrouvé
Marjorie est herboriste et formulatrice. Elle a suivi une formation agricole spécialisée dans les plantes médicinales, puis le cursus complet d'herbaliste à l'École lyonnaise des plantes médicinales. Elle s'est également formée à l'herbologie ayurvédique et s'intéresse de près à l'ethnopharmacologie, l'étude des usages traditionnels des plantes selon les cultures.
Sa vocation a aussi une dimension familiale. Ce n'est qu'en s'engageant elle-même dans l'herboristerie qu'elle découvre que son grand-père exerçait déjà ce métier. Les anciens grimoires de botanique et les bons de commande conservés par sa famille deviennent alors les traces d'une transmission qui avait patiemment attendu son heure.
Alex Andrades, cultivateur entre terre basque et mémoire andine
Alex est cultivateur de plantes médicinales. Né et élevé au Chili, il a obtenu un diplôme agricole spécialisé dans les plantes médicinales et s'est lui aussi formé à l'herbologie ayurvédique. Son approche est nourrie par les savoirs transmis par sa mère et sa grand-mère, son abuelita, toutes deux cultivatrices, et par une vision andine dans laquelle la terre n'est jamais un simple support de production.
Sur la ferme, il accompagne les plantes au fil des semis, des plantations, du désherbage manuel et des récoltes, avec un soin constant porté aux pratiques agroécologiques. La connaissance du végétal dans le champ rencontre ainsi la compréhension de ses usages dans la formulation. Le geste agricole et le geste herboriste ne sont pas séparés : ils appartiennent à un même mouvement.
Une ferme de plantes médicinales à La Bastide-Clairence
Alma Sauvage est installé à La Bastide-Clairence, dans les Pyrénées-Atlantiques, au cœur du Pays basque français. La ferme y cultive une cinquantaine de variétés de plantes médicinales, locales ou originaires d'autres régions du monde.
Cette implantation a une importance particulière pour nous. Elle inscrit les élixirs dans un territoire proche de nos herboristeries et rend possible une relation directe avec celles et ceux qui sèment, récoltent et transforment. La proximité prend tout son sens lorsqu'elle s'accompagne de traçabilité et de continuité entre la culture et le produit fini.
Dans leur démarche, Alex et Marjorie laissent plus de la moitié de leur terrain à l'état sauvage. Cet espace non cultivé favorise la biodiversité, abrite les insectes auxiliaires et nourrit la vie générale de la ferme. Les cultures ne forment donc pas une enclave isolée : elles se déploient au milieu d'un paysage vivant. Tout ne doit pas produire, et certaines parcelles peuvent simplement héberger les pollinisateurs, protéger les sols ou laisser revenir les plantes spontanées.
À retenir : plus de la moitié du terrain reste sauvage, pour accueillir la biodiversité et nourrir les cultures.
De la graine au flacon, au rythme du vivant
La formule « de la graine au flacon » est souvent une simple promesse de traçabilité. Chez Alma Sauvage, elle décrit concrètement l'organisation de la ferme : semer, planter, accompagner la croissance, récolter, assembler, faire macérer, filtrer, conditionner.
Le cycle commence autour du mois de mars, lorsque les graines sont semées à la main. Vers mai, les jeunes plants rejoignent les parcelles, organisées en formes circulaires qui évoquent la lune, le soleil et les étoiles, et qui attirent abeilles et papillons. Durant la croissance, Alex et Marjorie interviennent le moins possible : les plantes puisent dans le sol, la pluie et la lumière, et les principaux gestes humains restent le désherbage manuel et le paillage.
Cette retenue n'est pas une absence de travail. Elle demande au contraire une observation attentive : savoir quand soutenir, quand protéger et quand laisser faire. Le jardin devient une conversation plutôt qu'un espace à contrôler. Les plantes sont cultivées en agriculture biologique, sans intrants, et l'ensemble des produits est certifié bio.
Les récoltes se font elles aussi à la main. Alma Sauvage y associe des gestes hérités de la tradition andine : remercier la plante et la terre, demander symboliquement la permission de cueillir, laisser une offrande en signe de gratitude. Reçus selon la sensibilité de chacun, ces gestes traduisent une idée simple : récolter n'est jamais un acte neutre. Quelque chose est prélevé au vivant, et ce prélèvement appelle mesure et reconnaissance.
Des plantes venues d'ailleurs, cultivées au Pays basque
L'un des aspects les plus singuliers du travail d'Alma Sauvage réside dans l'acclimatation de plantes médicinales appartenant à différentes pharmacopées. Certaines sont connues de nom en France, mais demeurent le plus souvent importées sous forme de poudres ou d'extraits. D'autres sont encore rarement rencontrées dans les cultures françaises. Alma Sauvage fait pousser au Pays basque, selon les formules, des plantes telles que :
- l'ashwagandha (Withania somnifera) ;
- le tulsi ou basilic sacré (Ocimum tenuiflorum) ;
- le gotu kola (Centella asiatica) ;
- le brahmi (Bacopa monnieri) ;
- le jiaogulan (Gynostemma pentaphyllum) ;
- le galanga (Alpinia galanga) ;
- le curcuma (Curcuma longa) ;
- le badiranji buya keli (Dracocephalum moldavica) ;
- la scutellaire américaine (Scutellaria lateriflora).
Ces plantes côtoient des compagnes plus familières de l'herboristerie européenne : mélisse, passiflore, armoise, sauges, millepertuis ou pavot de Californie.
Cultiver ces espèces en France ne les transforme pas en plantes autochtones. Leur histoire et leurs usages restent attachés aux cultures qui les ont transmises. Mais la démarche invite à sortir d'une vision abstraite des plantes dites « exotiques ». Une racine d'ashwagandha cultivée au Pays basque n'est plus seulement le nom imprimé sur un sachet venu de loin : elle a germé dans une terre identifiée, traversé un printemps humide, rencontré le soleil et les pluies d'un territoire proche.
Le secret : une plante lointaine cultivée ici garde son histoire tout en écrivant un nouveau chapitre au Pays basque.
L'art de formuler les plantes ensemble
Alma Sauvage ne se contente pas de mélanger des extraits préparés séparément. Pour ses élixirs synergiques, les plantes choisies sont assemblées puis mises à macérer ensemble. La synergie n'intervient donc pas au moment de composer le flacon : elle est recherchée dès l'extraction, quand les plantes partagent le même récipient, le même liquide et le même temps de maturation. Une conviction qu'Alex et Marjorie résument volontiers par une formule d'Aristote : le tout est plus grand que la somme de ses parties.
Les associations sont pensées autour de grandes intentions de bien-être : l'apaisement, le repos, l'attention, la vitalité, la digestion, les défenses naturelles ou l'harmonie du cycle féminin. Les formules croisent souvent plusieurs traditions, réunissant dans un même élixir une plante ayurvédique, une espèce chinoise ou sud-américaine et une compagne des jardins européens.
La macération en amphore de terre cuite
Une fois assemblées, les plantes sont placées dans des amphores de terre cuite. C'est sans doute l'image la plus emblématique d'Alma Sauvage : après avoir poussé dans la terre, les plantes poursuivent leur transformation dans un contenant issu du même élément. D'après le procédé présenté par la ferme, la macération se déroule à froid, pendant un cycle lunaire complet, pour une extraction lente qui respecte le temps propre des plantes.
Un contenant traditionnel ne dispense évidemment pas d'exigence technique : les proportions, la qualité du liquide, la durée, l'hygiène et la filtration restent essentielles, et le producteur indique faire tester ses élixirs en laboratoire agréé français. On retrouve là une alliance chère à MADLO : ne pas opposer le savoir ancien et la rigueur contemporaine. Une amphore peut côtoyer des analyses de laboratoire, et un geste symbolique s'accompagner d'une traçabilité précise.
Une gamme au service du quotidien
La gamme d'Alma Sauvage couvre les grands terrains des vies contemporaines : système nerveux et stress, sommeil, énergie, concentration, cycle féminin, digestion, immunité. Elle réunit des élixirs synergiques, un extrait monoplante d'ashwagandha cultivé au Pays basque, et des huiles de CBD florales formulées dans une huile de prune au goût naturellement amandé.
Le goût, justement, n'a pas été laissé de côté. Des épices viennent arrondir les saveurs végétales et rendre chaque prise plus agréable. Cette attention sensorielle nous semble précieuse : prendre soin de soi ne devrait pas ressembler à une punition avalée à la hâte. La couleur d'un extrait, son parfum et sa saveur participent pleinement à la relation que nous entretenons avec le geste.
Ce qui relie Alma Sauvage à MADLO
Choisir un producteur pour M'Aimer Dans Les Orties ne consiste jamais à ajouter une simple référence sur nos étagères. Nous cherchons des projets dont les gestes racontent quelque chose de cohérent avec notre propre façon d'envisager l'herboristerie. Avec Alma Sauvage, les liens sont nombreux.
Une même école, une même manière d'apprendre les plantes
Il y a d'abord une filiation qui nous touche particulièrement. Marjorie s'est formée à l'École lyonnaise des plantes médicinales, le cursus qu'a également suivi Fabien, co-fondateur de MADLO. Deux chemins distincts, une même maison d'apprentissage, et cette manière commune de relier la connaissance botanique au respect du vivant. On se comprend vite, entre gens qui ont appris les plantes au même endroit.
La proximité et la traçabilité
Les plantes sont cultivées et transformées au Pays basque, tout près de nos herboristeries. Nous savons qui les sème, qui les récolte et qui compose les élixirs.
Une relation sensible au vivant
La place laissée au sauvage, le travail manuel et la gratitude exprimée au moment des récoltes témoignent d'une agriculture qui ne considère pas le vivant comme un stock à exploiter.
La rencontre des traditions et du présent
Les pharmacopées ancestrales ne sont pas figées dans le passé. Alma Sauvage les fait dialoguer avec une ferme contemporaine, une certification biologique et des formats adaptés aux rythmes actuels.
Une herboristerie de la relation
Enfin, nous partageons l'idée qu'une plante ne se réduit pas à une addition de propriétés. Elle possède une saveur, une saison, une manière de croître, une histoire et une présence. C'est cette herboristerie-là que nous souhaitons faire vivre : capable de transmettre sans asséner de promesses, et de soutenir sans prétendre tout résoudre.
Faire voyager les savoirs sans oublier la terre
Chez Alma Sauvage, les plantes ont beaucoup voyagé avant même que leurs graines ne touchent le sol basque. Elles ont traversé des paysages, des langues et des rencontres humaines. Aujourd'hui, elles poussent entre les pluies atlantiques et les herbes spontanées, sans renier leur origine : elles prolongent leur histoire.
Peut-être est-ce cela, finalement, qu'un élixir peut nous rappeler. Derrière quelques gouttes se trouvent une graine, un territoire, une saison, une récolte et beaucoup de patience. La prochaine fois que vous ouvrirez un flacon, prendrez-vous quelques secondes pour imaginer le jardin dont il est issu ?
Les élixirs et huiles botaniques d'Alma Sauvage sont des ressources de bien-être, et non des médicaments. Les conseils d'utilisation et les précautions propres à chaque formule figurent sur les fiches produits correspondantes.
FAQ Alma Sauvage
Où se trouve la ferme Alma Sauvage ?
Alma Sauvage est installé à La Bastide-Clairence, dans les Pyrénées-Atlantiques, au Pays basque français. Les plantes médicinales y sont cultivées et transformées directement par les fondateurs.
Qui sont les fondateurs d'Alma Sauvage ?
Alma Sauvage a été fondé par Marjorie Castel, herboriste et formulatrice, et Alex Andrades, cultivateur de plantes médicinales franco-chilien. Leur approche associe connaissances herboristes, pratiques agricoles et traditions végétales rencontrées au cours de leurs voyages.
Qu'est-ce qui distingue les élixirs Alma Sauvage ?
Le producteur maîtrise les principales étapes de fabrication, de la graine au flacon. Les plantes sont assemblées puis macérées ensemble en amphore de terre cuite, afin de créer des extraits synergiques.
Les produits Alma Sauvage sont-ils biologiques ?
Alma Sauvage cultive ses plantes en agriculture biologique, sur sol vivant et sans intrants, et présente l'ensemble de ses produits comme certifiés biologiques.
Quelles plantes rares sont cultivées au Pays basque ?
La ferme cultive notamment de l'ashwagandha, du tulsi, du gotu kola, du jiaogulan, du galanga, du curcuma, du brahmi et de la scutellaire américaine, aux côtés de plantes européennes plus familières.
Pourquoi les plantes sont-elles macérées ensemble ?
Alma Sauvage cherche à faire dialoguer les plantes dès leur transformation. Elles sont choisies autour d'une intention commune, puis macérées ensemble afin de former une composition cohérente, plus riche que la somme de ses parties.
Pourquoi MADLO a-t-elle choisi Alma Sauvage ?
MADLO retrouve dans ce projet plusieurs valeurs essentielles : une production proche et traçable, le respect des sols et de la biodiversité, la valorisation des savoirs traditionnels, une transformation artisanale et une relation sensible au vivant.