Sur le plateau de Millevaches, en Haute-Vienne, un lieu-dit porte le nom de Villa Hélène. Cécile et Paul de Vulpian y cultivent des champignons depuis la fin 2022, et en tirent des extraits qu'ils préparent eux-mêmes, dans leur propre laboratoire.
Des souches au flacon, tout se passe sur place. La sciure de chêne vient d'une scierie limousine, le son de blé de boulangers voisins. Rien n'est importé, rien ne passe par un intermédiaire.
Ils sont aussi les seuls, à notre connaissance, à proposer leur gamme entière sans alcool. Ce détail en apparence technique ouvre deux portes d'un coup : celle des personnes qui écartent l'alcool, et celle de la mycothérapie animale.
Un lieu-dit sur le plateau de Millevaches
Commençons par dissiper un malentendu : Hélène n'existe pas. Villa Hélène est le nom du lieu-dit où la champignonnière est installée, à Beaumont-du-Lac, en Haute-Vienne. L'endroit leur a plu au point qu'ils en ont fait le nom du projet. Cécile de Vulpian, elle, préfère qu'on l'appelle par le sien.
Elle lance l'activité à la fin de l'année 2022, avec Paul. Le choix des souches a demandé plusieurs années de recherches, en Europe, en Asie et aux États-Unis. Les débuts ont surtout consisté à tenir les parasites à distance, avec des locaux fermés, des moustiquaires, des portes qu'on ouvre le moins possible, et un crapaud prénommé Bob, arrivé un matin de juin, qui a fait sa part du travail.
Aujourd'hui, la ferme produit environ cinq tonnes de champignons par an et emploie cinq personnes. Depuis 2025, elle est aussi organisme de formation certifié Qualiopi et transmet la myciculture et la mycothérapie à ceux qui veulent en faire leur métier. Nous aimons les gens qui transmettent. C'est souvent le signe qu'ils n'ont rien à cacher.
Ce que nous cherchions sans le trouver
La mycothérapie est en train de devenir une mode, et les modes attirent le pire comme le meilleur. L'immense majorité des extraits vendus en Europe arrive sous forme de poudre importée, souvent sans qu'on sache quelle partie du champignon a servi.
Car c'est là que tout se joue. Un champignon, ce sont deux choses : le carpophore, la partie visible que l'on récolte, et le mycélium, le réseau filamenteux qui court dans le substrat. Faire pousser du mycélium sur du grain coûte bien moins cher que cultiver des champignons entiers. Sauf qu'on récolte alors le grain avec, et que le produit fini contient surtout de l'amidon.
Une étude publiée en 2017 dans Scientific Reports a analysé dix-neuf compléments de reishi vendus aux États-Unis. Les polysaccharides caractéristiques du champignon n'ont été retrouvés que dans cinq d'entre eux. Treize contenaient de l'amidon de charge. Quatorze produits sur dix-neuf ne correspondaient donc pas à leur étiquette.
Chez Villa Hélène, les extraits sont issus du carpophore, le champignon entier, à l'exception du cordyceps, cultivé en milieu liquide, ce qui est la voie habituelle et maîtrisée pour cette espèce. Comme le dit Cécile de Vulpian, ils voulaient savoir exactement ce qu'il y avait dans chaque flacon. Nous aussi.
À retenir : la vraie question n'est pas le nom du champignon, mais quelle partie se trouve dans le flacon.
Du mycélium au flacon, sans quitter la Haute-Vienne
Ce qui nous a décidés tient en une phrase : ils font tout, et ils font tout sur place.
Les souches et les substrats
Les mycéliums sont sélectionnés puis conservés dans leur propre laboratoire. Les substrats sont fabriqués sur le site, à partir de ressources locales et biologiques, adaptés espèce par espèce : sciure de chêne issue d'une scierie du Limousin et son de blé de boulangers voisins pour la plupart, culture liquide pour le cordyceps.
Aussitôt récoltés, les champignons sont séchés à basse température, pour éviter de dégrader ce que l'on cherche précisément à garder. L'ensemble est certifié bio par Ecocert. Seul le chaga échappe à la culture, puisqu'il pousse sur les bouleaux et ne se domestique pas : celui-là vient d'une cueillette française.
Cette façon de travailler, une filière entière tenue d'un bout à l'autre par ceux qui la connaissent, c'est exactement ce que nous cherchons chez chacun de nos producteurs. Nous savons qui cultive, nous savons avec quoi, et nous pouvons décrocher le téléphone.
La double extraction
Les molécules intéressantes d'un champignon sont enfermées dans une paroi de chitine, une matière coriace que l'organisme digère mal. Manger le champignon ne suffit donc pas. Il faut extraire.
Encore faut-il extraire les deux familles de composés, qui ne se comportent pas de la même façon. Les polysaccharides, dont les bêta-glucanes, sont solubles dans l'eau. Les triterpènes, eux, demandent l'alcool. Un extrait à l'eau seule laisse les seconds derrière lui, un extrait à l'alcool seul abandonne les premiers.
D'où la double extraction : deux phases successives, l'une aqueuse, l'autre alcoolique, réunies ensuite. Villa Hélène y ajoute une extraction assistée par ultrasons, qui ouvre les parois cellulaires, puis une concentration sous vide qui permet de réduire le volume en chauffant très peu. Un millilitre d'extrait représente deux grammes de matière sèche.
Aucun additif, aucun conservateur, aucun excipient, et pas de gélule. Rien que le champignon, l'eau, et ce qu'il a fallu pour l'en sortir.
Le principe : l'eau capte les bêta-glucanes, l'alcool capte les triterpènes. Il faut les deux.
Sept champignons, et pourquoi ceux-là
Sept espèces, choisies à la croisée de l'usage traditionnel et de la recherche contemporaine, cultivées depuis le mycélium et extraites selon un procédé adapté à chacune.
Le lion's mane (Hericium erinaceus), aussi appelé hydne hérisson, est une boule blanche aux longues épines souples qui pousse sur le chêne. La tradition asiatique l'associe au soutien des fonctions cognitives et à l'équilibre du microbiote.
Le reishi (Ganoderma lucidum) est un polypore laqué, rouge et brillant, que les Chinois nomment champignon de l'immortalité. On lui prête un effet apaisant sur le système nerveux et un soutien de l'équilibre immunitaire.
Le cordyceps (Ophiocordyceps sinensis, souche CS4), surnommé champignon chenille, accompagne traditionnellement l'énergie, le souffle et la récupération après l'effort.
Le shiitake (Lentinula edodes), le lentin du chêne, est le plus familier de nos cuisines. On lui attribue un soutien des défenses naturelles et du métabolisme des graisses.
Le maitake (Grifola frondosa), polypore en ombelles ou poule des bois, forme au pied des chênes une touffe de lames grises superposées. Il accompagne le métabolisme et l'équilibre des défenses naturelles.
Le pleurote (Pleurotus eryngii et Pleurotus ostreatus) est de nos forêts autant que de nos poêles. La tradition l'associe au métabolisme des graisses et au soutien de la fonction digestive.
Le chaga (Inonotus obliquus), excroissance noire et crevassée des bouleaux, appartient aux traditions d'Europe centrale et de Russie. On lui prête un rôle face au stress oxydatif.
Sans alcool, et c'est ce qui a emporté la décision
Chaque extrait existe en deux versions : l'une hydro-alcoolique, l'autre hydro-glycérinée, c'est-à-dire sans alcool.
Cela peut sembler un détail. Ce n'en est pas un. Au comptoir, nous croisons chaque semaine des personnes pour qui l'alcool, même à quelques gouttes, n'est pas envisageable. Par choix, par conviction, par histoire personnelle, par sensibilité digestive. Jusqu'ici, nous n'avions rien à leur proposer sur ce rayon, et nous les regardions repartir.
La glycérine végétale remplace l'alcool comme support d'extraction et de conservation. Elle a aussi un goût plus doux, ce qui compte davantage qu'on ne le croit quand une cure dure plusieurs semaines.
Une gamme pensée pour les animaux
Et puis l'absence d'alcool ouvre une porte que rien d'autre n'ouvrait : celle de nos animaux.
Villa Hélène propose une gamme de mycothérapie animale dédiée aux chiens, aux chats et aux chevaux. Même culture, même laboratoire, même exigence que pour la gamme humaine, avec des dosages pensés pour chaque gabarit et une formulation à la glycérine qui règle élégamment la question de l'appétence. Quiconque a déjà tenté de faire avaler quelque chose à un chat comprendra l'importance du détail.
On y retrouve le lion's mane, le reishi, le cordyceps et le chaga, auxquels s'ajoute le coriolus (Trametes versicolor), ce petit polypore en éventail aux cercles concentriques que l'on croise sur les souches de nos forêts, et qui ne figure pas dans la gamme destinée aux humains.
Pourquoi nous ouvrons ce rayon
Les soins naturels pour animaux sont un terrain que nous prenons au sérieux, et sur lequel nous avançons accompagnés.
Véronique, notre naturopathe, s'est formée à la gemmothérapie animale. Nous travaillons par ailleurs avec un naturopathe animalier qui nous adresse régulièrement des personnes, et avec qui nous pouvons échanger sur les situations qui dépassent notre comptoir.
Notre règle est simple et nous n'en bougeons pas : un extrait de champignon accompagne, il ne remplace rien. Si votre animal suit un traitement, si quelque chose vous inquiète dans son comportement ou son état, le premier interlocuteur reste votre vétérinaire. Nous le dirons toujours avant de vous vendre quoi que ce soit.
Notre position : les plantes et les champignons accompagnent l'animal, le vétérinaire reste l'interlocuteur du soin.
Ce que nous avons vérifié, et ce qui nous relie
Tous les extraits font l'objet d'analyses microbiologiques et d'une recherche de métaux lourds, plomb, arsenic et cadmium, par un laboratoire indépendant accrédité COFRAC. Les rapports sont publiés sur le site du producteur et disponibles sur simple demande. Publier ses analyses quand la loi ne l'exige pas, c'est une façon de parler que nous comprenons.
Les matières premières sont certifiées biologiques, les formules déclarées auprès de l'administration française, et le site de production ouvert aux visites, comme celle qu'y a menée la Société mycologique du Limousin.
Au fond, ce qui nous rapproche d'eux tient en trois choses. Ils cultivent ce qu'ils transforment. Ils préfèrent montrer plutôt que promettre. Et ils enseignent ce qu'ils savent faire au lieu de le garder pour eux.
C'est la définition que nous donnons au mot partenaire.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un champignon médicinal ?
C'est un champignon utilisé pour ses composés actifs plutôt que pour sa valeur alimentaire. Reishi, lion's mane, chaga, coriolus et cordyceps appartiennent à cette famille d'usages, documentée depuis des siècles en Asie et en Europe centrale. En France, ils sont vendus comme compléments alimentaires.
Où sont cultivés les champignons de Villa Hélène ?
À Beaumont-du-Lac, en Haute-Vienne, sur le plateau de Millevaches. La culture, le séchage, l'extraction et le conditionnement se font sur ce seul site, sans import ni intermédiaire. Seul le chaga provient d'une cueillette, française également.
Peut-on donner des champignons médicinaux à un chien ou à un chat ?
Villa Hélène propose une gamme de mycothérapie animale conçue pour les chiens, les chats et les chevaux, avec des dosages adaptés à chaque gabarit et une base de glycérine sans alcool. Si votre animal suit un traitement ou présente des symptômes, parlez-en d'abord à votre vétérinaire.
Pourquoi les extraits pour animaux sont-ils sans alcool ?
Parce que l'alcool convient mal aux animaux et rend le produit difficile à faire accepter. La glycérine végétale joue le même rôle d'extraction et de conservation, avec un goût bien plus engageant pour un chat ou un chien.
Existe-t-il des extraits de champignons sans alcool pour les humains ?
Oui. Chaque extrait de la gamme existe en version hydro-glycérinée. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous travaillons avec ce producteur, et la seule gamme complète de ce type que nous connaissions.
Pourquoi un extrait plutôt qu'une poudre ?
Parce que les molécules sont enfermées dans une paroi de chitine que l'organisme digère mal. Une poudre de champignon séché en libère peu. L'extraction ouvre ces parois et rend les composés disponibles.
Qu'est-ce que la double extraction ?
Deux extractions successives, l'une à l'eau, l'autre à l'alcool. L'eau capte les polysaccharides comme les bêta-glucanes, l'alcool capte les triterpènes. Les deux phases sont ensuite réunies, ce qui donne un extrait au spectre plus complet qu'une extraction simple.
Carpophore ou mycélium, quelle différence ?
Le carpophore est le champignon lui-même, le mycélium le réseau filamenteux qui le produit. Un extrait de mycélium cultivé sur grain contient souvent beaucoup d'amidon venu du substrat. Les extraits Villa Hélène sont issus du carpophore, à l'exception du cordyceps.
Pourquoi M'Aimer Dans Les Orties a choisi ce producteur ?
Parce qu'il cultive et extrait lui-même, en France, sans intermédiaire. Parce qu'il publie ses analyses. Parce qu'il travaille le champignon entier. Et parce qu'il propose l'ensemble de sa gamme sans alcool, pour les humains comme pour les animaux.
Où trouver ces extraits ?
Dans nos herboristeries de Pau et d'Orthez, ainsi que sur notre boutique en ligne.
Sources
- Villa Hélène, site du producteur et documentation professionnelle 2026
- Société mycologique du Limousin, compte rendu de visite de la Villa Hélène, 10 juillet 2023
- Le Memento, « À Millevaches, Villa Hélène veut faire émerger une filière française des champignons dits médicinaux », 4 septembre 2026
- Wu D.T. et coll., « Evaluation on quality consistency of Ganoderma lucidum dietary supplements collected in the United States », Scientific Reports, volume 7, 2017
Ces conseils ne se substituent pas à un avis médical ni à une consultation vétérinaire.