Il y a quelques années, on nous expliquait que notre ennemi numéro un, c’était le cholestérol : il fallait le “faire baisser” à tout prix, avaler des yaourts spéciaux et traquer la moindre miette de beurre, alors qu’on sait aujourd’hui que l’essentiel du cholestérol est fabriqué par notre propre corps.
En 2026, l’histoire se répète avec un nouveau coupable : le cortisol. Sur les réseaux, cette hormone du stress est accusée de tout ou presque : fatigue, ventre rebelle, insomnie, anxiété, kilos “hormonaux”, moral en dents de scie. Si vous vous reconnaissez dans au moins un de ces symptômes, on vous promet souvent un “reset du cortisol”, une “détox” ou une routine miracle en 15 minutes.
Derrière ces promesses, il y a de vraies souffrances, des corps fatigués, des nuits hachées, des ventres qui racontent le stress de nos vies. Et il y a aussi une question essentielle : comment prendre soin de ce terrain sans entrer dans une nouvelle guerre contre notre propre organisme ? C’est là que l’herboristerie peut avoir une place à part : non pas pour “faire la peau au cortisol”, mais pour accompagner le corps à retrouver ses propres rythmes, avec l’aide des plantes, des champignons et de quelques gestes de bon sens.
Le cortisol n'est pas un ennemi :
Le cortisol est une hormone indispensable, produite par les glandes surrénales, qui nous aide à nous lever le matin, à faire face à un stress ponctuel, à réguler la glycémie et certaines réactions inflammatoires. Il suit un rythme circadien finement orchestré : plus élevé en début de journée, il baisse progressivement le soir pour laisser la place au repos.
Les véritables excès ou défauts de cortisol (syndrome de Cushing, maladie d’Addison) sont rares, relèvent de la médecine spécialisée, et n’ont rien à voir avec une simple période de fatigue, de stress ou de prise de poids. Le concept de “fatigue surrénalienne”, largement repris par certains influenceurs, n’est pas reconnu comme diagnostic par les sociétés savantes, qui parlent plutôt d’arnaque bien‑être ou de mythe entretenu par le marketing.
Cela ne veut pas dire que notre mode de vie n’a aucun impact sur notre terrain, notre sommeil, nos émotions ou notre digestion. Cela veut dire qu’entre une hormone réelle, complexe, et le slogan “tout est la faute du cortisol”, il y a un monde que les publicités remplissent volontiers avec des raccourcis et des promesses rapides.
Trois histoires autour du cortisol qui fleurissent sur les réseaux
Les programmes “ventre / hormones” pour hommes pressés
Une première famille de contenus vise surtout les hommes après 40–50 ans : ventre qui s’installe, fatigue, baisse de tonus, perte de confiance. On y trouve des programmes d’“entraînement nordique” ou de coaching à distance qui promettent de “réactiver le métabolisme”, de “rééquilibrer le cortisol et la testostérone” et de venir à bout de la graisse abdominale dite “hormonale”.
Le scénario est souvent le même : on part d’un vécu très réel (charge mentale, sédentarité, sommeil abîmé, ventre qui gonfle), on l’explique par un déséquilibre hormonal très simplifié, puis on propose une solution clé en main, accessible depuis le salon, censée corriger d’un coup ce déséquilibre global. Le mouvement, en soi, est précieux ; ce qui interroge, c’est surtout l’idée qu’un seul programme puisse, à lui seul, “remettre à zéro” un terrain de vie entier.
Les boissons “adaptogènes” : énergie, sérénité, digestion
Une deuxième vague promet de prendre soin du cortisol en remplaçant le café par des boissons adaptogènes, à base de champignons médicinaux (Lion’s Mane, Chaga, Reishi, Cordyceps…) associés au cacao, à l’orge ou à la chicorée. Le discours met en avant une énergie plus stable, un système nerveux apaisé, un ventre plus léger, un sommeil plus serein, le tout dans un format gourmand, bio, vegan, sans sucres et porté par de nombreux avis enthousiastes.
Les champignons médicinaux et les plantes adaptogènes ont une vraie histoire d’usage traditionnel et peuvent trouver leur place dans un accompagnement du stress. Là où le récit des réseaux simplifie parfois, c’est lorsqu’un “super‑café” semble suffire, à lui seul, à régler l’ensemble : énergie, stress, digestion, sommeil, immunité. Dans la réalité, ces boissons peuvent être de jolies alliées… à condition d’être replacées dans un contexte plus large : alimentation, sommeil, rythme de vie, travail émotionnel.
Gummies, compléments et boissons “anti‑cortisol”
Enfin, une troisième famille s’est imposée : celle des gummies, poudres et boissons “anti‑stress”, “anti‑cortisol” ou “minceur hormonale”. On y retrouve souvent des plantes et nutriments que nous aimons aussi : ashwagandha, rhodiola, magnésium, L‑théanine, mélisse, reishi, vitamines B… Ils sont présentés comme capables de “réguler le cortisol”, d’apporter un corps détendu, de favoriser un sommeil réparateur et de soutenir la ligne.
Dans le même esprit, certaines applis bien‑être proposent des quiz pour “tester son cortisol”, suivis de programmes de “détox” ou de compléments censés “réentraîner” le système nerveux. Pour les femmes, ce récit prend parfois la forme d’une boisson quotidienne “anti‑stress” qui promet en même temps apaisement, ventre plus plat, sommeil profond, cheveux plus forts et peau plus lumineuse.
Ce ne sont pas les plantes ni les champignons qui sont en cause – beaucoup d’entre eux peuvent vraiment soutenir un système nerveux fatigué ou un sommeil fragile. Ce qui pose question, c’est la promesse qu’un seul produit, pris tous les jours sans autre changement, puisse “résoudre” à lui seul le stress, le ventre, le sommeil, l’humeur et parfois même l’histoire du corps. C’est là que l’herboristerie propose autre chose : les mêmes familles de plantes, mais intégrées dans un protocole, un terrain, une histoire de vie.
Ce que nous choisissons à M’Aimer Dans Les Orties
Dans notre herboristerie, nous rencontrons chaque jour des personnes qui arrivent déjà avec ces récits en tête : elles ont entendu parler de cortisol, de fatigue surrénalienne, de ventre “hormonal”, de cafés aux champignons et de gummies anti‑stress. Nous accueillons ces questions avec douceur, parce qu’elles disent un vrai besoin : retrouver de l’énergie, mieux dormir, vivre un stress plus respirable, se réconcilier avec son corps qui change.
Notre point de départ n’est pas une hormone isolée, mais un terrain : sommeil, alimentation, rythme de vie, respiration, émotions, parfois histoire de vie et saisons intérieures. Les plantes et les champignons peuvent alors devenir de précieux alliés, mais seulement si on les replace dans un chemin, et non comme une baguette magique.
Notre protocole : trois axes qui avancent ensemble
Plutôt qu’une “détox du cortisol”, nous proposons un accompagnement autour de trois grands axes, qui peuvent être travaillés en même temps, avec des gestes différents selon les moments de la journée.
Notre protocole “cortisol & terrain”
-
Hygiène de vie
– alléger le repas du soir, limiter l’alcool et les produits ultra‑transformés
– veiller aux horaires de coucher, réduire les écrans en soirée
– bouger régulièrement, marcher au grand air, respirer -
Soir : protéger le sommeil
– boire une tisane du soir pour le sommeil (par exemple notre mélange Dodo, 10 g de plantes par litre, 1 à 2 bols le soir)
– ou utiliser une synergie de teintures mères sommeil / une synergie de gemmothérapie sommeil si vous n’aimez pas les tisanes -
Matin & journée : soutenir l’adaptation
– choisir une plante adaptogène (en tisane, teinture mère adaptogène ou gélules d’adaptogènes) adaptée à votre profil et la prendre le matin, éventuellement le midi
– en complément, un soutien de vitalité et tonus (par exemple une synergie vitalité, bourgeons de chêne ou de séquoia, vitamines et minéraux adaptés)
1. Apaiser le terrain
Quand le cortisol monte trop souvent, c’est souvent le signe d’un corps confronté à un stress répété et à une sorte d’inflammation de fond. Avant de vouloir “corriger” l’hormone, nous cherchons à soulager ce que le corps porte.
- Hygiène de vie : alléger les soirées (repas pas trop tard, pas trop lourds, en limitant ce qui est très pro‑inflammatoire comme les produits ultra‑transformés ou l’alcool), prendre soin des horaires de coucher, remettre un peu de mouvement doux et d’air dans la journée (marche, nature, respiration).
- Plantes digestives et du foie : à travers une tisane de soutien digestif, une tisane du foie ou une synergie de teintures mères adaptée, pour aider le corps à traiter ce qui l’encombre et apaiser ce “bruit de fond” inflammatoire.
Cet axe “terrain” est le fil rouge : on l’ajuste, on le consolide, on y revient régulièrement.
2. Réparer (et protéger) le sommeil
Un corps qui dort mieux gère mieux le stress, la glycémie, le poids, l’humeur… et donc le cortisol. Le deuxième axe consiste à redonner au sommeil une place centrale.
- Comprendre le profil de sommeil : difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, nuits hachées, réveils trop matinaux… chaque profil n’appelle pas les mêmes gestes ni les mêmes plantes.
- Créer un rituel du soir : heure de coucher régulière, réduction des écrans, petit rendez‑vous avec soi (respiration, lumière douce, tisane).
- Plantes & formes (surtout le soir) :
- une tisane du soir “sommeil” (par exemple un mélange de plantes pour le sommeil comme votre mélange Dodo),
- ou, pour celles et ceux qui n’aiment pas les tisanes, une synergie de teintures mères pour le sommeil, une synergie de gemmothérapie ou un mélange sommeil en complément alimentaire.
Souvent, avec un sommeil un peu mieux protégé, les personnes constatent déjà que le stress devient plus gérable, que le ventre se relâche un peu, que l’énergie remonte par petites touches.
3. Soutenir l’adaptation et la vitalité (plutôt en journée)
Les plantes adaptogènes n’arrivent pas “après” le reste : elles peuvent être présentes dès le début, en soutien, pendant que l’on travaille l’hygiène de vie et le sommeil. Elles trouvent simplement mieux leur place en journée, quand le corps doit faire face aux sollicitations.
- Plantes adaptogènes (matin / milieu de journée) :
- une plante adaptogène le matin, éventuellement reprise le midi (en tisane, en teinture mère adaptogène, en gélules d’adaptogènes ou en synergie adaptogène), choisie selon le profil :
- profils très anxieux, mental en boucle : ashwagandha, basilic sacré, reishi…
- profils fatigue physique / “plus de batterie” : éleuthérocoque, rhodiola, cordyceps…
- profils avec glycémie, poids ou cholestérol fragiles : certains adaptogènes et champignons associés à un travail sur l’alimentation.
- Vitalité et tonus : lorsque la base commence à se poser, on peut, si besoin, soutenir davantage la vitalité générale :
- bourgeons de chêne ou de séquoia en gemmothérapie, et l'incontournable Bourgeon de cassis.
- complexes de vitamines et minéraux,
- certaines plantes de tonus ou synergies vitalité (y compris pour la libido ou l’élan de vie), toujours en concertation avec la personne et en respectant ses traitements éventuels.
On peut ainsi imaginer une journée type : le matin, un adaptogène et/ou une synergie vitalité pour soutenir l’adaptation ; en journée, quelques gestes simples pour le stress ; le soir, une tisane du soir ou une synergie sommeil pour préparer la nuit. Les trois axes avancent ensemble, chacun à sa place.
Pour conclure :
Les plantes, les champignons et les produits que nous proposons à l’herboristerie sont des alliés précieux, mais ils ne remplacent jamais un avis médical ni un traitement, surtout en cas de maladie hormonale ou de souffrance profonde. Ils s’inscrivent à côté, humblement, pour accompagner le corps dans sa capacité naturelle à se réguler, et remettre un peu de confiance, de joie et de douceur là où le cortisol est parfois devenu un nouveau mot pour dire la fatigue de vivre.
Tableau récapitulatif des principaux adaptogènes
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Adaptogène |
Effet général |
Particularités utiles |
Profil type |
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Ashwagandha |
Apaisant, rééquilibrant |
Soutien du sommeil, de l’anxiété, de la récupération nerveuse |
Mental qui rumine, stress + fatigue |
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Basilic sacré (Tulsi) |
Calmant clair, recentrant |
Soutien du système nerveux, du cœur émotionnel, aide à prendre du recul |
Charge mentale, sensibilité émotionnelle |
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Rhodiola |
Dynamisant doux |
Aide à la résistance au stress, soutien de la concentration et de l’endurance mentale |
Fatigue intellectuelle, coups de pompe |
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Éleuthérocoque |
Tonique global |
Soutien de la fatigue physique, de la récupération après effort ou période prolongée |
Fatigue “dans le corps”, convalescence |
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Schisandra |
Adaptogène polyvalent |
Soutien du foie, de la clarté mentale et de l’endurance, aide à “tenir la distance” |
Surmenage, besoin de clarté + protection foie |
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Reishi |
Calmement tonique |
Champignon du système nerveux et immunitaire, accompagne les terrains anxieux et fatigués |
Stress chronique, sommeil fragile |
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Cordyceps |
Tonus, endurance |
Soutien de l’énergie, de la respiration, de la récupération physique |
Fatigue physique, essoufflement, baisse de tonus |
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Lion’s Mane |
Nourrissant nerveux |
Soutien cognitif (mémoire, concentration), confort digestif chez certaines personnes |
Brouillard mental, digestion nerveuse |
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Rhodiola + Reishi |
Ancrage + clarté |
Combo possible pour tenir le rythme tout en apaisant l’hyper‑réactivité nerveuse |
Journées intenses + besoin de calmer le soir |